Le marché est-il surévalué ?


Le S&P 500 vu sous le spectre du ratio de Shiller

Le ratio de Shiller a été inventé par le professeur Robert Shiller. Son but est de corriger les imperfections du PER standard en moyennant les bénéfices sur une période de 10 ans. Le ratio de Shiller est un est de mes outils favoris pour mesurer le niveau de valorisation du marché.

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Le ratio de Shiller est actuellement égal à 26,81, soit bien au-dessus de son niveau moyen historique situé aux alentours de 16,70. De tels niveaux n’ont été observer que trois fois à travers l’histoire du marché à savoir le crash de 1929, la bulle internet des années 2000 et la crise financière de 2007. Nul doute que le marché corrigera son excès d’optimisme à un moment donné. Malheureusement pour nous, aussi bon que le ratio de Shiller puisse être, il est un très mauvais instrument de market timing.

Ratio de Shiller et performance du marché

Dans son livre Irrational Exuberance, le professeur Shiller à démontrer qu’il existe une relation inverse entre le niveau du ratio de Shiller et la performance à long terme du marché.

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Ainsi plus le PER est élevé en début de période, plus la performance du marché dans les 10 ans qui suivront sera faible et inversement plus le PER est élevé en début de période, plus la performance du marché dans les 10 ans qui suivront sera forte.

Dans le tableau suivant, je vous présente les travaux de Asner qui examine les rendements réels du S&P500 sur toutes les décennies possibles depuis 1926 triés par PER de Shiller à leurs commencements.

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On constate qu’inexorablement, le rendement moyen à 10 ans diminue à mesure que le PER augmente. De la même manière lorsque le PER augmente le plus mauvais rendement à 10 ans devient de plus en plus mauvais et le meilleur rendement à 10 ans de plus en plus faibles.

Nous nous situons dans la dernière ligne du tableau, à savoir un PER compris entre 25,1 et 46,1. À ce niveau, un investissement dans le S&P500 aujourd’hui devrait nous rapporter 0,5 % en moyenne. Dans le pire des cas –6,1 % et dans le meilleur des cas 6.3 %.

Même si le niveau de valorisation du marché semble indiquer une piètre performance sur les 10 prochaines années, il est néanmoins intéressant de constater qu’une bonne sélection d’action peut rapporter une performance positive, quel que soit le niveau de valorisation du marché.

Que faire dans cet environnement?

Le ratio de Shiller ne doit pas être utilisé comme un outil de timing, mais doit néanmoins être considéré dans la construction de son portefeuille et l’allocation de ses actifs.

Il faut canaliser son attention sur les méthodes permettant de dépasser le rendement moyen du marché à 10 ans (à savoir 0,5 % par ans) tout en sachant que le market timing n’est pas une option.

Voici une liste non exhaustive pour trouver de la valeur dans le marché actuel :

  • Acheter des entreprises stables distribuant un fort dividende et dont le PER est faible relatif au marché et relatif à son propre historique.
  • Investir dans des obligations distribuant un rendement supérieur aux expectations de rendement du marché. Les obligations américaines offrent un rendement de 2,94 % à l’heure où j’écris ces lignes.
  • Acheter une devise sous valorisé offrant un bon potentiel à moyen terme tel que la livre sterling actuellement.

 

Conclusion

Je ne suis pas un partisan du market timing, la majorité des études et test réalisés sur le sujet confirment que les stratégies de buy & hold surperforment les autres approches sur le long terme.

J’aime néanmoins connaitre le niveau de valorisation général du marché, car ils permettent de se faire une idée objective du rendement que peut attendre du marché à un horizon long terme.

Les niveaux de valorisations actuels ne sont pas encourageants pour un investisseur et il est plus important que jamais d’être extrêmement exigeant dans sa sélection d’action.

Les entreprises de qualités ayant prouvés leurs résiliences dans un environnement de récession sont à privilégier. Ces entreprises devront avoir prouvé leurs capacités à payer un dividende, quel que soit l’environnement économique à travers le passé. Par ailleurs ces entreprises devront être achetées à des niveaux de valorisation inférieure au niveau du marché et à leurs moyennes historiques. Autant dire que les candidats ne courent pas les rues.

Les candidats ne courent pas les rues, mais il existe néanmoins des opportunités à saisir pour les investisseurs s’en donnant les moyens.

À bon entendeur…

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